Mois : août 2019

Règlements de compte entre les généraux algériens

Règlements de compte entre les généraux algériens

Les généraux algériens, confrontés depuis février à une vague de contestation sans précédent, étalent désormais leurs différends sur la place publique.

Le général Ahmed Gaïd Salah, chef d’état-major depuis 2004 et véritable « homme fort » de l’Algérie

Cela fait désormais six mois que des défilés sillonnent chaque vendredi des dizaines de villes d’Algérie pour exiger une authentique transition démocratique. Ce mouvement, désigné sous son appellation arabe de Hirak, n’a pas faibli depuis la démission, le 2 avril, du président Bouteflika, au pouvoir depuis vingt ans. La contestation a contraint le chef d’état-major, le général Gaïd Salah, à s’afficher en détenteur effectif de l’autorité exécutive, surtout depuis qu’Abdelkader Bensalah, nommé pour un intérim de 90 jours à la tête de l’Etat, a été maintenu à ce poste à l’expiration de cet intérim, le mois dernier. Les généraux algériens, ainsi privés de paravent civil à leur arbitraire d’Etat, en viennent à porter leurs différends sur la place publique, une première dans un pays où les querelles entre factions militaires se réglaient plutôt en coulisses.

LA CHUTE DU « SEIGNEUR DE L’ALGERIE »

Les Algériens qualifient de « décideurs » les plus puissants des généraux qui exercent de fait l’autorité dans leur pays. Ce terme de « décideurs » s’est popularisé, en 1992, après le renversement du  président Chadli Bendjedid par un groupe de généraux. Les putschistes étaient menés par le ministre de la Défense, Khaled Nezzar, et le chef des renseignements militaires, « Toufik » Mediene. Ces « décideurs » refusaient les concessions envisagées par Bendjedid envers les islamistes, mais ils ont pris soin de demeurer dans l’ombre. Ils n’avaient ainsi pas à assumer publiquement la responsabilité du coup d’Etat, puis de la guerre civile qui en découla. Ils ménagèrent leur pouvoir et leurs intérêts durant la « décennie noire », avant de se rallier en 1999 à la formule Bouteflika, si profitable pour eux qu’ils la reconduisaient depuis tous les cinq ans.

Le général Gaïd Salah, nommé chef d’état-major en 2004, n’a pas participé directement au renversement de Bendjedid. Et il a dû longtemps s’incliner face à « Toufik » Mediene, surnommé le « seigneur de l’Algérie », du fait de l’omnipotence de sa police politique. Mediene ne quitte qu’en 2015 la tête des renseignements militaires, confiés à un de ses anciens adjoints, « Bachir » Tartag, et partiellement démantelés. Gaïd Salah, le chef désormais incontesté des « décideurs », met tout son poids en faveur de la réélection de Bouteflika pour un cinquième mandat. C’est l’humiliation d’un tel diktat qui, depuis le 22 février 2019, jette des millions d’Algériennes et d’Algériens dans la rue. Dans l’espoir d’endiguer la vague de la contestation, Gaïd Salah lui sacrifie le président de la République, dont aucune nouvelle n’a filtré depuis sa « démission ». Mais c’est encore trop peu et trop tard, d’où le coup de théâtre de l’incarcération, le 4 mai, de Mediene et de Tartag, ainsi que de Saïd Bouteflika, le frère du président déchu. Ils sont tous les trois transférés à la prison militaire de Blida sous l’accusation de « complot contre l’autorité de l’Etat », une accusation passible de la peine de mort.

PLEINS FEUX SUR LA « BANDE »

Gaïd Salah charge de tous les maux de l’Algérie la « bande » qui aurait prospéré sous Bouteflika, en collusion avec les renseignements militaires, quadrillant le pays pour mieux le piller. Il se pose lui-même, face à un telle « bande » et à la tête des forces armées, en rempart de l’intégrité et des intérêts de l’Algérie. Il lance une vaste purge qui, au nom de la lutte contre la corruption, frappe deux anciens Premiers ministres, des membres de leur gouvernement, de nombreux officiels et certains des hommes d’affaires les plus en vue du pays. Il prétend ainsi avoir répondu aux aspirations populaires de neutralisation de la « bande » et, cet objectif étant réalisé, il appelle au « retour progressif au calme ». Les manifestants dénoncent une manoeuvre à leurs yeux grossière, où Gaïd Salah se saisirait du Hirak pour régler ses comptes avec ses rivaux, sans rien amender de l’arbitraire militaire en vigueur.

Nezzar, ministre de la Défense de 1990 à 1993, est convoqué comme témoin par la cour militaire de Blida, où il accrédite la thèse d’un « complot » ourdi par Mediene et Tartag. Il se retrouve pourtant, depuis le 6 août, inculpé lui aussi de « complot », ce qui justifie le lancement d’un mandat d’arrêt international, car il s’est dans l’intervalle réfugié en Espagne. Le retournement est spectaculaire de la part du régime algérien, qui avait soutenu Nezzar lors de la procédure ouverte contre lui en Suisse pour des « crimes de guerre » commis durant la « décennie noire ». Un tel retournement s’expliquerait par des attaques lancées, sur un compte twitter attribué à Nezzar, contre la personne même de Gaïd Salah. Il révèle en tout cas la virulence des tensions que cache l’unanimité de façade des « décideurs ».

Akram Belkaïd, un des plus fins analystes de la scène algérienne, voit dans cette affaire la preuve d’une « désagrégation » du système en place, même s’il n’écarte pas le risque d’une « manipulation ». Et il reprend à son compte le « message clair des manifestants: continuez à vous déchirer, nous continuerons à manifester et à militer pour une Algérie nouvelle ». Car il est bien révolu le temps où la chute de telle ou telle figure, même galonnée, pouvait suffire à étouffer la protestation.

« Djoumhouria, machi mamlaka » («L’Algérie c’est une république, pas une monarchie»)

Yetnahaw Gaâ

Est-ce une révolution? Est-elle pilotée? Sur quoi débouchera-t-elle? Les scénarios sont nombreux et s’ajustent au fil des jours. Mieux vaut pour l’heure se mettre à l’écoute de ce peuple algérien qui prend librement la parole et clame sa souveraineté sans débordements.

Au printemps 2014, peu avant les élections qui ont garanti à Abdelaziz Bouteflika un quatrième mandat, j’avais été frappée par l’allégeance inconditionnée au président d’une partie de lapopulation algérienne, rurale et isolée. «On voterait pour le Raïs même mort» était le propos, un peu caricatural et néanmoins sérieux, que m’avaient tenu à plusieurs reprises les hommes d’une maisonnée accrochée aux flancs du massif montagneux de l’Ouarsenis [massif montagneux au Nord-Ouest de l’Algérie qui culmine au pic Sidi Amar près de Bordj Bou Naama dans la willaya de Tissemslit].

Assis en dessous du portrait officiel du chef d’État, seul décor de la pièce, ils n’envisageaient pas d’autre scénario politique possible…

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Sortie de crise : s’inspirer du 1er Novembre et de la Soummam — Le blog de Abed Charef

Article publié sur le site TSA: Abed Charef Présidentielle ou transition ? Faut-il négocier, comme le suggère M. Benbitour, pour éventuellement faire ces concessions réciproques et couper la poire en deux ? Faut-il, comme le préconise Saïd Saadi, désigner des délégués du hirak, pour organiser des assises et aller vers une périlleuse mise en place de […]

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Les maisons troglodytes de Gharyan en Libye

Yetnahaw Gaâ


Les maisons troglodytes de Gharyan en Libye

Libye

Gharyan est situé dans les montagnes du djebel Nefoussa, à environ 100 km au sud de la capitale Tripoli en Libye, et juste avant Yefren. Ses habitations troglodytes célèbres sont une attraction majeure pour les touristes. La racine «Ghar», du nom Gharyan, signifie «cave». Les grottes ont été creusées verticalement vers le bas dans le sol rocheux.

Assis sur des tapis colorés sur le sol et entouré par des pots en argile, Belhaj, un homme de 43 ans, décrit la vie dans ce qui était autrefois sa maison : une maison troglodyte en Libye. «Cette maison a été creusée en 1666 et des générations de familles ont vécu ici. Je suis né ici et j’avais l’habitude de vivre à huit familles ensemble».

Pour voir d’autres maisons troglodytes à travers le monde, c’est par ici :troglodyte.

maison troglodyte libye

Belhaj a passé les 10…

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