Mois : octobre 2019

Algérie: Transition rapide vers la modernité

Algérie: Transition rapide vers la modernité

 

Pr Chems Eddine Chitour
Samedi 26 Octobre 2019
Algérie: Transition rapide vers la modernité
Al’invitation de l’Association les Amis d’Averroès j’ai donné une conférence sur la « Résilience et la transition vers la modernité ». L’auditoire était composé pour la plupart d’Algériens, mais aussi de Français pieds-noirs progressistes. Tout au long de l’exposé que j’ai scindé en trois parties, j’ai tenu d’abord à expliquer comment il est fait à tout pays qui veut imprimer sa marque dans le temps et donner aux différentes générations qui se succèdent un sentiment d’appartenance, un legs indivis.
Dans mon exposé J’ai développé l’idée d’un récit national avec des repères qui font à la fois appel à l’histoire et à la géographie. J’avais situé généreusement les premiers balbutiements de l’homme, aussi en Algérie, en rapportant avec une certaine fierté, la formidable nouvelle parue le 30 novembre 2018 dans une revue de haute qualité scientifique, celle faisant de l’Algérie le deuxième berceau de l’humanité, il y a 2,4 millions d’années, par suite des recherches archéologiques du côté de Sétif sur le site de Aïn Bournane. Bien plus tard, on doit, à Arambourg la mise à jour de l’homme de Tifernine, près de Mascara il y a 1,7 million d’années. Ensuite au paléolithique moyen, vers 45 000 ans avant J.-C., le néandertalien, 35 000 ans le moustérien et l’atérien, l’épipaléolithique vers 20 000 ans avant J.-C. Ce sera ensuite l’homo sapiens de Mechta Afalou avec les premières œuvres. Le néolithique à – 10 000 ans, on parlera ensuite de méditerranéen et les premières expressions artistiques rupestres, notamment dans le Tassili n’Ajjer.
Lorsque les Berbères émergent à l’Histoire, ils sont déjà un peuple, une langue, des royaumes. Certaines populations ont fusionné avec les indigènes sur une période de plus de trente siècles. la venue des Romains dura plus de six siècles jusqu’à la moitié du cinquième siècle. Ensuite l’Algérie a connu les invasions vandales et byzantines qui durèrent un siècle chacune. Jusqu’à l’invasion arabe porteuse d’une religion, l’islam, vers 670. Graduellement, les contingents arabes furent assimilés et, du fait de la religion et de la langue, le peuple amazigh s’enrichit d’une nouvelle dimension, l’arabité. L’Algérie eut ensuite à subir l’occupation ottomane pendant trois siècles et enfin l’invasion coloniale française un matin de 1830 qui a vu perdurer le calvaire des Algériens et des Algériennes pendant 132 ans !
Au Maghreb actuel, des nations avec les attributs d’Etat se sont succédé. Ainsi, Massinissa battait monnaie quand l’Europe n’avait pas encore émergé aux temps historiques, exception faite de la civilisation gréco-romaine. Ce Maghreb a vu naître des hommes illustres avec un rayonnement certain dans le monde méditerranéen d’alors ; Apulée et saint Augustin pensaient en Amazighes, mais s’exprimaient en latin. Plus tard avec l’avènement de l’islam, les érudits écrivaient en arabe et bien plus tard, ils utilisèrent le français. Il n’est pas inutile de citer le fait que le Maghreb, a donné trois papes à la chrétienté et que saint Augustin sera l’un des pères de l’Eglise.
Durant toute son « histoire », la résilience de l’Algérie fut aussi l’œuvre de la femme africaine du Nord, maghrébine, « algérienne ». Nous citerons les plus connues, comme Tin Hinan, la princesse du Hoggar, Damia (la Kahina) vers la fin du VIIe siècle, ce sera ensuite, Fatma Thazougarth qui était à la tête d’un « royaume » dans les Aurès. Ce sera ensuite Lalla Fathma N’Soumer à la tête de troupes de combattants qui défendit la Kabylie longtemps avant d’être vaincue, d’être faite prisonnière et de mourir en prison. Nous arrivons enfin à la guerre de libération ; ce sont des dizaines d’héroïnes qui combattirent pour la liberté. Beaucoup tombèrent en martyres Hassiba Ben Bouali, Raymonde Pescharde, Malika Gaïd, Fadela Saâdane. Quelques-unes sont encore en vie comme Louisette Ighil Ahriz, Djamila Bouhired, Anny Steiner.

Le récit national

J’ai particulièrement zoomé sur la période coloniale et rapporté que la guerre d’épouvante des colonnes infernales françaises qui faisaient des ravages parmi la population en tuant, blessant traumatisant les populations, en les enfumant, en brûlant leur récolte, n’a pas affaibli la lutte des Algériens et des Algériennes pendant plus de 80 ans jusqu’à l’année 1910. Les Algériens tentèrent une autre forme de lutte : la lutte politique. C’est ainsi que l’Emir Khaled, petit-fils de l’Emir Abdelkader, capitaine dans l’armée française, déclara pour la première fois la nécessité de l’autodétermination de l’Algérie en écrivant même au président américain Wilson qui avait annoncé la nécessité de la libération des peuples asservis. Il n’y eut pas de suite, pas plus d’ailleurs avec le combat de Messali Hadj et celui de Ferhat Abbas Et ceci jusqu’aux massacres de masse de mai 1945 qui sont un tournant. Les Algériens avaient compris qu’il n’y avait qu’une seule façon d’arracher l’indépendance, c’est la lutte armée. Sept années et demie, d’une lutte sans merci où le pouvoir colonial aidé par l’Otan déversa toute son armada en vain, son napalm, mis en œuvre la torture. Un million de morts, des dizaines de milliers de blessés et de traumatisés à vie, 10 000 villages détruits, furent le prix payé pour cette indépendance chèrement acquise où le peuple algérien dans son ensemble se battit pour la dignité.
Après la conférence qui a duré une heure, une salve de questions ont toutes porté sur le procès du système, sans concession aucune, remontant très loin dans un jugement sévère où les ressentis personnels sont amalgamés avec les données objectives. Dans mon exposé concernant la politique énergétique j’avais dit qu’avant 1980, plus exactement durant le règne de Boumediene, l’essentiel du raffinage algérien et l’essentiel de la pétrochimie datent de cette époque. J’avais répété encore une fois ce que j’avais dit dans une interview de L’invité de la rédaction de la Chaîne 3, que nous sommes redevables à cette époque d’avoir laissé une capacité de raffinage de 22 millions de tonnes, des complexes GNL à Skikda et Arzew de plus de 15 milliards de m3 de gaz, des complexes de pétrochimie, notamment la production d’éthylène, de polyéthylène, de PVC, d’engrais azotés et phosphatés. C’est aussi de cette période que date le complexe d’El Hadjar. Bref, chaque fois qu’un dollar provenait de la rente, il était en partie investi dans l’aval.
Le débat s’est de fait d’abord centré sur le procès de Boumediene et sur tous les travers d’un système pendant 57 ans. Tout cela pour avoir affirmé que durant l’ère Boumediene, au-delà de ce qu’on peut lui reprocher à juste titre pour s’être emparé d’une façon brutale du pouvoir et d’avoir éliminé ses adversaire, il n’empêche qu’il y avait une vision traduite par un plan triennal et deux plans quinquennaux. Un héritage de plusieurs complexes pétrochimiques, une capacité de raffinage de 22 millions de tonnes de pétrole. Une capacité de liquéfaction du GNL, le complexe d’El Hadjar et, tant d’autres réalisations qui ont été minutieusement détricotées par les gouvernants suivants et, notamment pendant la dernière double décennie du mépris de la honte et de la gabegie, qui a vu partir en fumée l’équivalent de 1000 milliards de dollars sans rien créer de pérenne si ce n’est une vie de sursis en sursis. Ce pactole est à comparer avec les 25 milliards de dollars engrangés en 13 ans et qui sont de loin, moins importants même si on compte l’inflation.

Le Hirak par procuration

L’Algérie est un pays rentier qui ne crée pas de richesse et qui, de plus, a été gouverné par une satrapie qui a mis le pays en coupe réglée. Deux indicateurs : le baril de pétrole a chuté de 80 $ à 60$, en six mois, le gaz est passé de 6 $ à 2,4 $ le million de BTU en quelques mois. Nous sommes mono-exportateurs d’hydrocarbures à 98 %. Le gaspillage est un sport national. Rien que la capitale, Alger, qui compte 2 millions de véhicules dont 1/4 est en circulation permanente, « une heure d’embouteillage entraîne une perte en carburant d’une valeur de 500 000 dollars, ceci faute de n’avoir pas développé les transports en commun ». Si ce phénomène de consommation débridée persiste, l’Algérie aura de moins ne moins d’hydrocarbures à exporter et dans tous les cas de figure ce n’est pas la loi sur les hydrocarbures telle qu’elle est proposée qui sauvera le pays d’une banqueroute annoncée, car les réserves de changes s’amenuisant, le train de vie du pays fait comme si le pétrole vendu était à 115 $, l’Algérie sera à sec dans trois ans. Seule une stratégie d’ensemble, qui concerne le futur du pays à la fois en amont et en aval, pourra donner une perspective. Il ne faut plus consommer pour consommer, il faut procéder à une rupture systématique avec le système actuel qui fait que nous devons consommer moins en consommant mieux et surtout en consommant de plus en plus vert avec l’appel à marche forcée aux énergies renouvelables, solaire, éolien, géothermie biomasse. Pour ce qui est d’exporter, la philosophie devrait être la suivante : chaque baril extrait de l’amont et vendu, devrait correspondre dans l’aval à son équivalent en énergie électrique verte qui sera de plus en plus la norme. Le choix de partenaires qui nous permettront de développer le pays en énergie solaire est déterminant ; l’Algérie devra parallèlement prendre le train de la locomotion électrique, il n’est plus question de faire de l’Algérie le réceptacle de tout ce qui ne se vend plus en Europe ou en Asie !

Où en sommes-nous ?

A tort nous pensons que nous sommes le nombril du monde, notamment depuis le 22 février 2019. Par le fait que nous avons protesté et continuons à le faire sans heurt. Mais ceci n’est pas dû simplement à la maturité du peuple qui défile, mais aussi à la maîtrise de la situation des manifestations de la part des forces de l’ordre. Regardons ce qui se passe autour de nous. Les Gilets jaunes en France, ce sont plus de 12 000 arrestations, plus d’un millier de condamnations, des centaines de blessés et des dégâts matériels importants. Dans d’autres pays c’est pire, voyons ce qui se passe au Soudan, en Egypte et en Irak, ce sont des dizaines de morts ! Il est donc malvenu de dire que les services de sécurité ne comptent pas, que l’armée est à démolir ! Par ailleurs, j’ai dit et redit que les aspirations du Hirak n’étaient pas monolithiques après la respiration démocratique du début. Il y a, sans se le cacher, des courants qui ont intervenu pour imprimer leurs agendas.
Ceci n’a pas plu à certains intervenants. Il n’était pas possible d’avoir un débat serein dans cette enceinte censée promouvoir le débat serein, la raison telle que la voyait Averroes dont cette association se revendique. Dans le débat, les activités du Hirak étant présentées comme la norme universelle indiscutable, j’ai eu toutes les difficultés du monde à me faire entendre en vain devant certaines interventions qui me paraissent dénuées d’équilibre, me rappelant le jugement sans appel sur la psychologie des foules quand l’un des intervenants, parmi les plus vindicatifs, parlait de confier les rênes du pays à un haut parleur militant du fait qu’il sait parler aux foules qui n’entendent pas raison et sont prêtes à lyncher celui qui les contredit.
J ‘ai dit alors que je ne pouvais donner ma voix à quelqu’un qui maîtrise les deux cents mots de la langue de bois et dont la valeur ajoutée à l’émancipation du pays me paraissait discutable tant qu’il n’aura pas prouvé de mériter la confiance du peuple.

L’Algérie dans le monde

Il n’est pas question pour faire plaisir à quelques agités – à distance, ils ne sont pas au pays- de confier les rênes à la hussarde à des personnes quand bien même elles savent parler, mobiliser, entraîner les foules ce qui n’est malheureusement pas un signe de maturité. Pourtant, j’ai expliqué pédagogiquement comment je voyais les choses. D’abord, en disant que le Hirak n’a pas fait émerger des personnalités candidates à l’élection présidentielle. De plus, j’avais dit que si le Hirak voulait s’enquérir de la transparence des urnes, pourquoi ne participerait-il pas au contrôle de l’élection de A à Z ?
Au risque d’avoir été un prophète de malheur, j’ai mis en garde contre les menaces que fait peser une conjoncture internationale « très inquiétante », dont ont eu à pâtir des pays tels que le Soudan démembré de près de la moitié de son territoire, ou de la Libye et du Yémen présentement confrontés au chaos où même de la Syrie et de l’Irak millénaires qui ont perdu leur unité territoriale et même ethnique à telle enseigne que le vivre ensemble fruit d’un subtil équilibre millénaire entre les communautés n’est plus qu’un souvenir.
Voulons-nous de cela ? m’étais-je interrogé devant quelques participants galvanisés, avec un parti pris inquiétant qui fait apparaître comme des traîtres, voire des criminels tous ceux qui s’opposent à leur motivation, qui ont monopolisé la parole en s’agrippant d’une façon compulsive au passé, au procès alors que je proposais de regarder vers l’avenir.
Pourtant, dans toutes mes interventions, qui sont publiées j’avais dit que les conditions préalables à la tenue de l’élection n’étaient pas réunies tant que les jeunes emprisonnés pour avoir brandi un emblème censé symboliser le territoire de Tamazgha n’étaient pas libres et tant que les reliquats de l’ancien système étaient toujours aux affaires J’assume avoir dit et avoir expliqué pédagogiquement que nous ne pouvons pas continuer à être en roue libre, nous devons aller vers l’élection présidentielle le plus rapidement possible. L’armée dont on veut faire le procès est la colonne vertébrale du pays. Elle a montré sa maîtrise de la situation. Ceux qui disent que c’est normal ce qui se passe chaque vendredi, notamment ceux qui sont loin et comme je l’ai martelé lors de la conférence, les partisans du « Armons-nous et partez » n’ont pas le droit de jeter de l’huile sur le feu, confortablement installés sur l’autre rive. On ne peut pas vivre la détresse algérienne par procuration, je les invite à venir rejoindre le chaudron ou à tout le moins d’être honnêtes si ce mot a un sens. Une Révolution tranquille qui a vu 35 vendredis et autant de mardis, des hommes et des femmes circuler librement avec des pancartes, qui, au fil des jours, changent de stratégie. Imaginez le sang-froid qu’il faut développer pour n’avoir aucune victime ni blessés, on se dit qu’il faut remercier les forces de police pour leur sang-froid. Il faut remercier l’administration de n’avoir pas baissé les bras, nous avons les commodités, nous avons la nourriture…
Certes, il faut regretter et j’ai dénoncé plusieurs fois l’arrestation des jeunes, les hommes politiques et surtout le commandant Bouregaâ qui est pour nous une icône qui nous relie à la prestigieuse révolution de Novembre.
Pourquoi nous devons aller à l’élection présidentielle

L’armée a un rôle à jouer dans l’accompagnement du processus. Une fois un régime établi, elle rejoindra ses casernes et pourquoi faire un procès aux futurs dirigeants de l’armée qui sont de plus, des universitaires de haut vol et qui eux aussi ont des parents dans le Hirak. La discipline n’excluant pas le sentiment d’attachement à ce désir de liberté. Nous ne pouvons avancer que par des ruptures. La transition sans tarder vers la deuxième République est la voie à suivre. Cette République qui, dans la nouvelle Constitution, aura à graver dans le marbre ; cet héritage indivis que nous partageons depuis près de trente siècles, à savoir le socle identitaire premier : la dimension amazighe enrichie par l’apport de la langue arabe 18 siècles plus tard.
Les vrais défis du pays sont nombreux et il est navrant de tenter de disperser les énergies du peuple du 22 février. La sagesse voudrait que l’armée et le peuple fassent appel à des personnes de consensus et je verrai bien le commandant Bouregaâ jouer ce rôle. Nous avons besoin d’apaisement. Car la mise en route de l’Algérie ne devrait pas souffrir de retard. Après, c’est le chaos, à moins de mettre rapidement la machine en marche. Il est donc malvenu de perdre du temps, la nation algérienne possède les atouts propres à la faire sortir de la crise.
Comme signe d’apaisement je verrai une fois de plus la libération de tous les détenus d’opinion et la possibilité pour les Algériennes et les Algériens de pouvoir s’impliquer pour la surveillance des urnes afin d’assurer une transparence totale. Le prochain président devra sans tarder remettre la machine en marche sur les grands dossiers, ouvrir sans tarder le chantier de la Constitution sous l’observation permanente du Hirak jusqu’à ce que les fondamentaux de la Constitution, les libertés individuelles et l’alternance au pouvoir, soient votés et gravés dans le marbre. L’Algérie aura alors à rattraper son retard pour reprendre sa place dans le concert des nations.

LA CATALOGNE, POURQUOI

LA CATALOGNE, POURQUOI

 

La Catalogne, pourquoi ?

SLB La fièvre catalane vient de nouveau mettre en ébullition une Espagne qui n’a jamais pu répondre au problème qui lui avait été posé lors de la constitution de 1978, après la mort du dictateur Franco. Le pays avait pourtant cru établir, par les régions autonomes, une unité nationale que l’histoire lui refusait depuis des siècles.

Pour comprendre le conflit il est impossible de se contenter de la cause immédiate sans revenir aux raisons profondes d’une fracture historique qui se réveille à chaque fois que la péninsule pense avoir résolu le problème. Pour éclairer le lecteur, il faut, bien entendu, présenter les causes immédiates pour ensuite élargir le spectre historique aux points centraux qui expliquent ce douloureux conflit. Je les ai choisis volontairement en faisant le pari qu’ils donneront une base de compréhension, simple mais sérieuse, à un événement qui est traité dans les médias par ses conséquences plutôt que dans ses causes lointaines.

Certes, l’histoire est un continuum millénaire et le format de la presse n’est pas adapté à l’écriture d’un traité sur le sujet. Cependant on peut raisonnablement donner des points clés qui permettent au lecteur de comprendre une globalité qui explique pourquoi une rupture si forte alors qu’on citait ce pays comme le parfait exemple d’un fédéralisme paisible. L’Espagne connaît pourtant une expansion économique et culturelle fulgurante, permise par une entrée réussie dans la démocratie et l’Europe.

Les causes immédiates du soulèvement

Le tribunal suprême espagnol a rendu un jugement très sévère, le lundi 14 octobre, condamnant les leaders séparatistes catalans à de lourdes peines de prison, de neuf à treize ans. On s’en souvient, ces leaders avaient appelé à un référendum portant question sur l’indépendance de la Catalogne.

L’État central espagnol avait, par deux fois, considéré ce référendum comme illégal et, sur force de décision d’un arrêt d’inconstitutionnalité, avait actionné l’article 155 de la constitution permettant le contrôle de l’État central sur une majorité de compétences dévolues à la région autonome catalane.

Cette décision d’inculpation pour actes de sédition par la haute juridiction a remis le feu aux poudres et des foules impressionnantes ne cessent de manifester leur colère. La violence s’invitant inévitablement malgré l’appel au calme des autorités locales, pourtant d’obédience indépendantiste.

Rien ne semble donc dissuader cette Catalogne dans son engagement vers un État indépendant. Et si personne n’est assuré de la réalité d’une majorité incontestable car la société catalane est profondément divisée, il est certain que la grogne est loin d’être négligeable. Le nombre de manifestants déterminés est toujours aussi important. Remontons le temps pour avoir une perspective un peu plus lointaine mais encore directement liée à la période contemporaine d’un vingtième siècle qui continue à hanter les esprits, celle du général Franco.

Le lourd tribut payé au franquisme

Nous le reverrons un peu plus loin dans notre développement historique, les Bourbons, alors au pouvoir en Espagne, ont aboli tous les privilèges de la Catalogne au début du 19 ème siècle, une région riche, puissante et revendicative.

L’invasion des troupes napoléoniennes en Espagne allait transformer la Catalogne en un département français après sept mois de siège de la ville de Barcelone et une famine qui mit un terme à la revendication catalane.

En 1814, l’Espagne recouvre son indépendance et la Catalogne se trouve à ce moment de l’histoire dans une puissance industrielle et intellectuelle, au sommet de son expansion. Le roi Ferdinand VII se comporte en monarque absolu, ce qui n’est pas pour arranger le lien avec un nationalisme catalan renforcé par un mouvement puissant d’ouvriers et d’intellectuels. Ces deux forces sont à la pointe des revendications pour les libertés qui s’expriment à travers l’Europe avec les effets de la révolution industrielle.

La colère se structure davantage dès la naissance du XX ème siècle, notamment avec la Lliga Regionalista qui revendique l’indépendance. Le mouvement ouvrier qui souhaite

l’amélioration des conditions de vie dans les villes finit par générer un parti politique, « La Esquerra Republicana de Catalunya ». En 1931, le parti remporte les élections municipales et la république est proclamée à Barcelone.

Dans le même temps, dans plusieurs grandes villes espagnoles il en fut de même et le mouvement républicain se mit en marche dans le pays. La Catalogne fut appelée à rédiger son statut d’autonomie avec ses propres institutions, un projet qui devait être approuvé par le vote des catalans puis par le Parlement de Madrid (les Cortes).

En 1936, le Front Populaire remporte les élections législatives. À ce moment de l’histoire, une majorité de lecteurs savent le drame qui va survenir avec la montée réactionnaire du « Soulèvement National », dirigé par Franco qui aboutira à une guerre civile atroce entre les deux factions politiques. Une guerre qui ne se terminera qu’en 1939, avec la victoire de Franco qui allait régner d’une main de fer sur un pays entièrement mis à genoux, depuis les libertés politiques jusqu’aux moindres droits des personnes privées.

Et, conséquence logique au renfermement dans les ténèbres de l’État espagnol, la Catalogne va payer un énorme tribut, en sang et en larmes, pour avoir été en tête d’une insurrection républicaine dans le pays.

Mais à ce stade de l’explication historique, seules les plaies récentes sont dévoilées, il nous faut entrer dans les profondeurs de l’histoire pour rechercher les causes anciennes d’un nationalisme catalan, fort et déterminé. Car la période franquiste n’est que la rupture finale malgré la croyance factice lors de la constitution démocratique de 1978 et la réconciliation de façade à travers une fédération qui n’a pas tenu si longtemps face à la résurgence du sentiment national catalan.

Des Celtes à la « Marche espagnole », les prémices de la souveraineté

On peut débuter l’histoire de la Catalogne, en tant que réalité territoriale, au premier millénaire avant J-C, avec la venue des Celtes d’Europe de l’Est. Ces derniers, mélangés aux peuplades de la dernière période de l’Antiquité, contribuèrent à former les premières communautés ibères.

Deux grandes périodes de l’ère antique, que nous avons apprises à l’école d’une manière insistante, se succédèrent. Ce furent d’abord les Grecs qui s’installèrent dès le VIIIè siècle avant J-C pour créer les premiers comptoirs d’un commerce maritime ibérique très prospère.

Ce fut ensuite la colonisation romaine en Catalogne qui s’empara d’Emporion, en 218 av. JC, la principale ville grecque de l’époque sur ce territoire ibère. Les romains restèrent cinq siècles et contribuèrent, quant à eux, à la naissance d’une économie agricole dans les terres intérieures avec l’émergence de villes importantes comme Tarragone.

L’Empire romain s’écroula sous la percée des peuplades barbares germaniques. Il se disloqua et ce sont les Wisigoths qui envahirent l’Espagne par le Nord. Ces derniers installèrent leur capitale à Barcelone et intégrèrent le royaume de Tolède dans cette entité que nous pouvons appeler la Catalogne, à peu près dans les limites que nous lui connaissons actuellement, en tout cas dans sa partie septentrionale.

Nous commençons donc, par cette longue période, à percevoir que l’histoire catalane est tournée vers ses frontières du Nord et européennes, ce qui éclaire un point central de la spécificité catalane.

Lorsqu’au VIII ème siècle, l’installation des arabes provoqua l’exode massif vers le Nord, les chrétiens se mirent à fuir au-delà de la frontière pyrénéenne. C’est la seconde brique de la spécificité catalane, son incrustation dans un territoire dominé par les francs.

La défaite des troupes musulmanes à Poitiers, en 732, poussa les souverains francs à lancer une offensive vers le Sud pour contenir l’invasion, jusqu’en territoire catalan. C’est ainsi que la « Marche espagnole » fut crée pour bâtir une zone tampon de protection.

Nous voilà dans l’explication de deux phénomènes ayant la même origine, non seulement le peuple catalan est une entité nationale se trouvant sur les deux flancs des Pyrénées mais aussi pourquoi le français fut, pendant très longtemps, une marque prépondérante de ce peuple qui, avec la langue catalane, possède en lui un profond sentiment national.

C’est Charlemagne qui, suite à la défaite de Roncevaux en 778, encouragea des comtes chrétiens à reprendre Girona. Le territoire fut divisé en comtés et l’un des comtes devint gouverneur de la région vassale des souverains carolingiens. Barcelone devint ainsi la capitale des possessions de l’empire des Francs en Espagne.

Ce qui devait arriver finit par arriver, la Catalogne s’est progressivement déliée de son obédience aux rois francs, du 9è au 10è siècle. Puis, suite à l’alliance avec le royaume d’Aragon, s’est constitué un territoire immense comprenant la Provence.

L’essor de la Catalogne et son intégration espagnole

Au début du onzième siècle, le Comte Raymond Beranger va donner à la Catalogne, non seulement son autonomie vis à vis de son puissant voisin et allié, l’Aragon, mais ce territoire va inaugurer une très longue histoire de prospérité économique et culturelle en même temps qu’une expansion démographique sans précédent.

Et même si l’Aragon et la Catalogne ne forment qu’un seul pays, les deux entités auront leurs propres institutions. Raymond Beranger va alors unifier les droits et les usages par la promulgation des « Usatges ». De ce fait, la Catalogne ajoute un socle juridique et politique aux fondations initiales déjà exposées pour consolider un sentiment national.

Mais, chemin faisant, la Catalogne va osciller entre progrès et ralentissement, depuis le commerce vers le Moyen-Orient jusqu’au drame de la peste noire en 1348. Pendant ce temps, l’autre Espagne, celle de la Castille dominante ne cesse de progresser à un rythme de richesse et de culture que nous connaissons à travers l’empire qu’elle va créer, en Europe comme Outre-mer.

Au final, la Catalogne se rallie en 1469 au nouveau royaume unifié des « Rois Catholiques », Ferdinand II d’Aragon et Isabelle 1ère de Castille qui aboutira à l’ère espagnole prestigieuse avec la découverte de l’Amérique. Débute alors pour la Catalogne, en même temps que la prospérité, un long chemin de sentiments refoulés qui n’ont donc jamais disparus.

La Diada, la douloureuse mémoire catalane

Pour un peuple profondément ancré dans une pensée nationale, il fallait un événement pour cimenter davantage son unité et constituer sa référence mémorielle. Elle prendra existence avec la Diada, un souvenir cruel qui cimentera à jamais le sentiment national catalan vis à vis de l’Espagne.

Du XVIème siècle jusqu’au XVIIIè, la Catalogne va subir le contrecoup d’une bataille dynastique. Le grand souverain Charles Quint, issu de la dynastie autrichienne des Habsbourg va finalement se séparer de la branche régnante autrichienne et prendre son indépendance.

Dans cette période, la Catalogne bénéficiait d’une grande autonomie. Mais malgré la guerre des « Trente ans » pendant laquelle les catalans furent obligés d’héberger des soldats espagnols en lutte contre la France, elle finira par réclamer son indépendance par la «La Guerra dels Segadors », appuyée par la France.

Mais, malheur pour elle, les Bourbons sont montés sur le trône d’Espagne et les souverains français, historiquement alliés de la Catalogne, se sont retournés contre les catalans. La Diada, célébrée le 11 septembre, est le moment le plus cruel dans la mémoire catalane.

Il s’agit de la sanglante défaite suite au siège de Barcelone dirigé par le roi de France, au 18 ème siècle. La France, après une période de guerre contre l’Espagne finit par signer un traité de paix avec la famille royale ibérique. Bien entendu, suivi d’un mariage princier. La Catalogne fut alors sacrifiée sur le plateau de la réconciliation car elle devait être partagée entre les deux royaumes, les puissants voisins.

Les catalans, malheur supplémentaire pour eux, par réaction mais aussi par la généalogie des souverains de la région, avaient choisi la branche Habsbourg contre celle des Bourbons.

La défaite fut rude, après 14 mois de siège qui furent un souvenir douloureux, notamment par la famine et les massacres. Voilà pourquoi le 11 octobre est la journée commémorative de la Catalogne, la Diada, et pourquoi elle fut choisie pour le référendum de sécession.

Le choix de la démocratie et la mise sous le tapis

En 1978, après la mort de Franco, l’Espagne avait cru définitivement tourner la page des divisions territoriales, linguistiques et culturelles, avec la construction d’une réelle démocratie et, surtout, la création de régions dites « autonomes » qui étaient censées parvenir à un fédéralisme équilibré et stable.

La constitution de 1978, puis l’adhésion à l’Europe, ont effectivement placé l’Espagne au banc des puissances européennes. La liberté et l’économie ont été fulgurantes, l’Espagne renaît de ses siècles de déchirures.

C’était hélas sans compter que l’enthousiasme général ainsi que la prospérité ont mis deux gros problèmes mémoriels sous le tapis. Le premier est l’échec du juge Garzon a rouvrir les procès concernant les meurtres du régime franquisme. Inéluctablement, comme souvent dans l’histoire, ce sont les générations suivantes qui rouvrent les dossiers.

La décision récente du Parti socialiste d’exhumer le corps du dictateur du monument des morts pour la patrie est éloquente. Ces générations, souvent nées après la mort de Franco, ne pouvaient plus laisser le dictateur reposer, dans la gloire, aux côtés de ses victimes. Pas plus qu’elles n’acceptent l’enterrement des procès suite aux charniers du franquisme.

Il en est ainsi du nationalisme catalan qu’on avait cru disparu avec l’expansion économique, les libertés et le statut d’autonomie. C’était faire une lourde erreur de ne pas avoir traité cette région d’une manière différente avec, notamment, la reconnaissance constitutionnelle du « Peuple catalan ». Un accord qui avait été acté avant que le retour du Parti Populaire ne revienne sur cette demande et qui en demanda l’annulation par le tribunal constitutionnel.

Au passage, je ne comprendrai jamais l’erreur des représentants catalans, lors de la rédaction de la constitution de 1978, qui n’ont même pas demandé le statut dérogatoire de la souveraineté fiscale, accordée pourtant au Pays basque.

La dernière résurgence de la fracture espagnole est dans le retour du mouvement profranquiste, portant le nom de Vox, arrivé au pouvoir en Andalousie avec l’appui des conservateurs et faisant actuellement une percée nationale dans les sondages. C’est le plus farouche adversaire des indépendantistes catalans.

L’Algérie devrait prendre leçon sur la poussière mémorielle que l’on place sous le tapis, sans la traiter avec une responsabilité qui fait face à l’histoire pour mieux préparer l’avenir. Le procès de l’histoire et des individus impliqués n’est pas de la vengeance mais la garantie d’éviter que les fractures ressortent, un jour ou l’autre.

L’erreur d’appréciation politique des indépendantistes

Une autre erreur d’appréciation des indépendantistes catalans fut d’avoir cru sincèrement que les pays européens allaient venir à leur secours après le référendum organisé en Catalogne. C’était faire naïvement, encore une fois, confiance en leurs alliés de toujours dont ils se sont sentis proches en raison de l’histoire.

L’Europe a intégré l’Espagne en son sein, une entrée décriée au départ par certains mais qui a montré combien ce pays a participé à la démocratie et à l’extension des échanges économiques. La Catalogne a surestimé son pouvoir attractif par rapport au risque des nombreuses revendications nationalistes dans beaucoup de pays européens, ce qui a poussé ces pays à une solidarité avec la décision du pouvoir central de Madrid, jugé légitime et dans son bon droit.

En conclusion, cette aventure catalane, très ancienne, est l’exemple parfait des intégrations que l’on croyait réussies par la venue de la démocratie et l’économie florissante. Nous l’avons déjà dit en introduction, le fédéralisme espagnol était pris en exemple dans le monde entier comme un modèle de réussite. Le réveil d’un optimisme béant, du à la richesse apparente, ne pourra jamais éteindre les sentiments profonds incrustés dans les mémoires des peuples qui ont payé cher pour faire survivre leur particularisme, leur culture.

L’auteur de ce présent article a tenté de ne jamais dévoiler son sentiment profond à propos de la crise catalane même si certains penseraient en déceler des signes. Ce serait une mauvaise interprétation car dans un autre article publié dans ces mêmes colonnes, il fait état des erreurs réciproques et met dos à dos les protagonistes d’un grand gâchis.

Ce qui est certain est que l’histoire des Hommes n’est pas d’une seule écriture, vouloir un État sans aspérités dans ses différences, c’est suivre perpétuellement le mauvais chemin, aux réveils douloureux.

Quand Facebook révèle la fraude ! Mihoubi déclare avoir 100.000 signatures… 1358 commentaires, 1358 insultes !

Yetnahaw Gaâ

Plusieurs internautes n’ont pas manqué de noter un fait surprenant qui aura échappé à toute la presse traditionnelle comme électronique… Alors qu’Algérie One a été une des première chaînes de télévision à diffuser la déclaration de l’ancien ministre de Bouteflika Azzedine Mihoubi portant sur sa candidature à la présidentielle mercredi 23 octobre, des centaines de……

Quand Facebook révèle la fraude ! Mihoubi déclare avoir 100.000 signatures… 1358 commentaires, 1358 insultes ! — Ma Revue De Presse DZ

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Les effets pervers de la laïcité

Les effets pervers de la
laïcité
LE BILAN DE LA LAÏCITE DANS LE MONDE
MUSULMAN
L’infiltration de la laïcité dans la société islamique
a eu les pires effets qui soient sur les Musulmans,
tant dans leur religion que dans leur vie matérielle.
Nous citerons à titre d’exemple :
1- Le refus de juger par la révélation d’Allah ()
qui se matérialise par :
– l’éviction de la religion dans tous les aspects de
la vie,
– le remplacement de la révélation divine
descendue sur le meilleur des hommes –
Muhammad Ibn cAbdillah () – par des lois
humaines et profanes, qu’ils ont empruntées aux
mécréants qui combattent Allah et Son Messager,
– le fait de considérer que de revenir au jugement
d’Allah () et délaisser les lois dites
– 24 –
« démocratiques » ou « laïques » est la marque d’une
pensée arriérée et d’un rejet de la modernité ou de la
civilisation,
– la crainte des moqueries et du mépris des gens
qui portent l’étendard de la laïcité,
– le fait que les musulmans ont été écartés des
rôles impliquant de se mélanger au peuple, par peur
des laïques qu’ils ne les influencent dans leur
religion.
2– La falsification et le travestissement de
l’histoire islamique, qui peint l’âge d’or de la
civilisation musulmane et de ses conquêtes comme
une période de barbarie où régnaient le désordre et
les ambitions personnelles.
3- La dégradation de l’enseignement à l’école et
sa mise à disposition pour servir l’esprit laïc, à
travers :
– la diffusion d’idées laïques dans les matières
scolaires enseignées aux élèves et aux étudiants à
tous les niveaux,
– la réduction et compression maximale du temps
imparti à la matière religieuse,
– 25 –
– la mise à l’écart de certains textes de
l’enseignement en raison de leur clarté et de leur
précision à dévoiler les mensonges de laïcité,
– la falsification des textes religieux en présentant
des explications censurées ou tronquées, dans le but
d’apparaître « pro-laïc » ou du moins de ne pas d’y
opposer,
– la mise à l’écart des établissements scolaires de
certains enseignants dévoués à leur religion, pourles
empêcher de côtoyer les élèves, en les mutant à des
postes administratifs ou en les poussant à la retraite,
– la mise au second plan de la matière religieuse,
en la faisant figurer dans le dernier jour de l’emploi
du temps des élèves, ou en réduisant son coefficient
de sorte qu’elle n’affecte pas les résultats finaux de
l’élève.
4- L’estompement des différences entre les
porteurs du vrai message, qui sont les Musulmans,
et les falsificateurs athées, en les regroupant dans
un seul et même sac, en essayant d’homogénéiser
l’apparence des gens, alors que dans le même temps,
préférence est donnée aux mécréants, aux athées,
aux pervers et aux désobéissants, sur les
monothéistes obéissants et croyants. Ainsi, le
Musulman, le Chrétien, le Juif, le Communiste, le
– 26 –
Mazdéen, le Brahmane et les autres se retrouvent
« tous logés à la même enseigne », ils sont égaux
devant la loi et personne n’est meilleur qu’un autre,
si ce n’est par le degré d’adhésion à cette pensée
laïciste.
A l’ombre de cet esprit laïc, le mariage entre un
Juif, un Chrétien, un Bouddhiste ou un
Communiste…et une musulmane est quelque chose
de parfaitement normal.
De même qu’il n’y a aucun mal pour eux à ce
qu’un Juif, un Chrétien ou un autre parmi les
mécréants gouverne un pays musulman.
Ils essaient de diffuser cela dans les pays
musulmans sous ce qu’ils appellent « l’unité
nationale » ou le « patriotisme » et ont même fait de
cette unité nationale, la base de leur gouvernance.
Aussi, tout ce qui dans le Livre d’Allah () ou la
Sunna de Son Messager () s’y oppose, ils le
rejettent et le renient en prétextant que cela menace
l’unité nationale.
5- La diffusion et la propagation du libertinage,
la dépravation morale et la destruction du noyau de
base de l’édification sociale qu’est la cellule
familiale par de nombreux moyens incitatifs :
– 27 –
– des lois qui permettent la débauche et ne la
répriment pas, considérant la pratique de la
fornication et de l’homosexualité comme une liberté
individuelle qui doit être garantie et protégée,
– la mise à disposition des medias tels que la
presse, la radio ou la télévision qui ne se lassent pas
de combattre la vertu et de propager nuit et jour la
débauche, certaines fois de manière insidieuse et
d’autres fois de manière ouverte,
– la guerre menée à la pudeur en imposant aux
filles de se dévoiler et en imposant la mixité à l’école,
à l’université ainsi que dans les offices et les comités.
6- La guerre menée par tous les moyens contre la
prédication islamique :
– en luttant férocement contre la propagation des
livres islamiques tout en laissant le champ libre aux
livres d’égarement et de dérives qui font douter de la
croyance et de la législation islamique,
– la porte ouverte aux pervers laïcs pour intégrer
les différents medias de sorte à ce qu’ils s’adressent
au plus grand nombre et propagent ainsi leurs idées
égarées et déviantes, déforment le sens des textes
religieux tout en fermant la porte des medias au nez
– 28 –
des savants musulmans qui éclairent les gens sur la
vraie religion.
7- L’exclusion et la chasse menée contre les
prédicateurs qui appellent à Allah (), les fausses
accusations qui leur sont portées, les surnoms et
épithètes disgracieux qui leur sont jetés, leur
représentation comme étant un groupe d’arriérés,
d’esprits encroutés et de réactionnaires qui rejettent
toutes les inventions bénéfiques de la science
moderne, d’extrémistes fanatiques qui ne
comprennent pas la réalité des choses mais qui
plutôt se cramponnent aux futilités en délaissant les
fondements.
8- L’extinction des musulmans qui refusent de
composer avec la laïcité : en les exilant, les
emprisonnant ou encore en les exécutant.
9- Le déni de l’obligation de combattre dans le
sentier d’Allah (), en l’accusant et en le décrivant
comme une sorte de barbarie et de brigandage.
En fait, le Jihad dans le sentier d’Allah signifie le
combat pour que la Parole d’Allah () soit la plus
haute et pour qu’il n’y ait plus sur terre aucune
autorité ou entité ayant la force, l’hégémonie et le
jugement sauf l’Islam.
– 29 –
En fait, les laïcs ont empêché la religion de
s’immiscer dans les affaires de la vie et en ont fait,
dans le meilleur des cas, une relation privée entre
l’homme et ce qu’il adore ; de sorte à ce que cette
adoration n’ait aucun effet sur leurs paroles, leurs
actes et leur comportement à l’extérieur du lieu de
culte. Une fois le peuple embrigadé dans ce mode de
pensée, comment pourraient-ils donc combattre dans
le sentier d’Allah ?
La seule guerre que les laïcs et leur racaille
considèrent, c’est la guerre pour défendre les biens et
la terre. Quant à défendre la religion et agir pour la
propager, ceci est pour eux un acte d’agression et de
violence gratuite que l’humanité civilisée ne peut
accepter.
10- L’appel au nationalisme ou au patriotisme.
C’est une prédication qui œuvre à rassembler les
gens autour d’une source commune frivole : une
origine, une langue, un lieu ou bien certains intérêts
communs, à condition bien évidemment, que la
religion en soit absente. La religion est même
considérée, du point de vue des théoriciens de cette
prédication, comme l’un des plus grands facteurs de
division et de conflit, au point que l’un d’entre eux a
même déclaré : « l’expérience humaine, à travers les
siècles sanglants, montre que la religion – qui est le
– 30 –
moyen que les gens ont d’assurer ce qu’il y a après la
mort – a emporté toute notion de sécurité au sein
même de la vie ».
Ce ne sont que quelques effets pervers que la
laïcité a produit dans les pays musulmans,
malheureusement, ils sont biens plus nombreux.
Le Musulman peut d’ailleurs toucher du doigt ou
saisir tous ces effets, tout au moins en bonne partie,
dans la majorité des pays musulmans. Dans le même
temps, il peut voir jusqu’à quel point la laïcité a
envahi une contrée en se basant sur l’occurrence de
ces effets pervers.
Hélas, le Musulman, où qu’il se tourne, à droite à
gauche, dans n’importe quel pays musulman, peut
aisément saisir un ou plusieurs de ces effets
pernicieux, alors qu’il lui sera nettement plus
difficile de trouver un pays épargné.

LES MOYENS DES LAÏCS POUR FALSIFIER LA
RELIGION DANS LE CŒUR DES MUSULMANS
– 31 –
Les laïcs disposent de méthodes diverses et
variées pour corrompre le cœur des Musulmans.
Parmi les principaux d’entre elles, on retrouve
notamment :
– Ils éprouvent certaines âmes faibles à la foi
fragile par des plaisirs matériels tels que l’argent, des
responsabilités importantes, ou même des femmes,
afin qu’ils répètent à leur tour les slogans laïcs aux
oreilles des gens. Mais avant cela, on fait beaucoup
de publicité à ces gens dans les medias contrôlés par
les laïcs, afin de les faire passer pour des savants, des
intellectuels et des experts et que leur parole soit
ainsi acceptée par une grande partie des gens. C’est
alors qu’ils parviennent à se frayer un passage chez
beaucoup de gens.
– Ils éduquent certaines personnes dans des
internats laïcs dans les pays occidentaux et leur
fournissent des titres professionnels de noblesse (ex :
doctorat ou professorat) et les font revenir pour
qu’ils soient des professeurs d’universités et qu’ils
travestissent la religion dans le cœur de la classe
cultivée, à grande échelle. Et quand on sait que la
classe cultivée, ceux qui sortent des universités et des
instituts scientifiques sont ceux qui exercent une
influence considérable dans leur pays, on comprend
l’ampleur de la corruption engendrée par la présence
– 32 –
de ces laïcs dans les universités et les instituts
scientifiques.
– Ils divisent la religion et communiquent
fréquemment sur des sujets périphériques pour
occuper les gens avec cela, entrer dans des conflits
imaginaires autour de ces sujets avec les savants, les
étudiants et les prédicateurs, et ce, dans le but de les
occuper et les détourner de leur rôle d’orientation, et
ainsi les détourner de ce qui est bien plus important
et bien plus dangereux.
– Ils font passer les savants, les étudiants et les
prédicateurs – dans beaucoup de medias – pour une
caste de gens aux mœurs déviantes et comme des
gens principalement intéressés par ce bas-monde,
par les biens, les responsabilités et les femmes, pour
leur faire perdre leur crédit aux yeux des gens, et
ainsi avoir le champ libre pour diffuser leur
prédication laïque.
– Ils mettent l’accent sur les sujets de divergence
entre savants, et extrapolent cela pour que les gens
s’imaginent que la religion se résume à ces
divergences, et que rien ne suscite le consensus au
sein même des savants religieux. Ceci ne manque
pas de semer dans les esprits l’idée qu’il n’y a rien de
certain et d’incontestable dans la religion. Les laïcs
– 33 –
insistent beaucoup sur cet aspect, ils l’extrapolent
pour provoquer cet effet chez les Musulmans et les
détourner ainsi de leur religion.
– Ils construisent des écoles, des universités et des
centres culturels étrangers qui, en réalité sont
supervisés par des pays laïcs ayant fondé ces
établissements dans les pays musulmans. Ou alors
ils agissent sans relâche pour affaiblir autant que
faire se peut le lien du Musulman avec sa religion
alors qu’au même moment, ils répandent leur
idéologie laïque dans un cadre plus large,
spécialement dans les sciences humaines comme la
sociologie, la philosophie ou la psychologie.
– Ils se fondent sur des règles religieuses qui sont
certes vraies mais qui sont encadrées par des règles
et des conditions religieuses, en insistant dessus hors
de leur contexte d’application et sans tenir compte
des règles qui les encadrent. Ainsi, à travers cette
prise d’appui égarée et déviante, ils essaient de
diffuser la plupart des questions de l’idéologie
laïque.
Par exemple, ils insistent surla règle religieuse qui
vise à privilégier l’intérêt des personnes concernées
en cas de divergence. Mais ils ne comprennent pas
vraiment ce qu’elle signifie, l’appliquent hors de son
– 34 –
champ d’action et s’en servent comme preuve
indiscutable pour rejeter tout ce qu’ils n’aiment pas
de la Législation islamique et conforter toutes les
choses qui renforcent la laïcité et fixent ses piliers
dans les pays musulmans.
Ils utilisent également la règle qui consiste à
privilégier le moindre mal, ou bien celle qui dit que
la nécessité permet l’interdit, ou celle qui stipule que
repousser les choses néfastes prime sur le fait
d’acquérir les intérêts, ou encore celle qui affirme
que l’Islam est applicable à toutes les époques ou
encore celle qui dit que le jugement change en
fonction de la situation.
Ils utilisent entres autres ces règles pour faire
fondre l’Islam dans les autres confessions et le diluer
dans le cœur des Musulmans.
En outre, ils utilisent ces règles comme point de
départ pour exporter vers les pays musulmans tous
les modèles économiques et politiques dominants
dans le monde mécréant sans que la plupart des gens
se rendent compte de cette réalité.
Ce procédé est à mon avis l’un des plus
dangereux et l’un des plus pernicieux car il crée
l’ambiguïté et berne les gens en leur faisant croire
que ces choses ne sont fondées que sur des règles
– 35 –
religieuses reconnues. Il faudrait cependant, pour
dévoiler ce procédé de manière détaillée et claire, et
dissiper les ambigüités qu’elles comportent, écrire
un livre entier.
Et j’aimerais insister ici sur le fait que lorsque ces
gens-là s’appuient sur les règles religieuses citées ou
d’autres, ce n’est en aucun cas du au fait qu’ils y
croient fermement, pas plus qu’ils ne croient au
caractère englobant et à la perfection de la religion
de laquelle ces règles ont émané. Ce n’est pour eux
qu’un outil leur permettant de concrétiser leurs
desseins égarés et déviants.

LE DEVOIR DU MUSULMAN
En ces conditions extrêmement déplorables dans
lesquelles vivent ses coreligionnaires, le Musulman a
un devoir grandiose, qui est celui d’œuvrer pour
changer cette dure réalité, qui est sur le point
d’éloigner la communauté toute entière de l’Islam.
Il est donc demandé aujourd’hui à tous les
Musulmans de fournir des efforts : du temps, des
biens, une partie de soi- même et de ses enfants pour
y parvenir. Aussi, les savants, les étudiants en
– 36 –
science religieuse, les prédicateurs et ceux qui ont du
pouvoir sont chargés d’une mission plus importante
que les autres car en réalité, ce sont eux les leaders
qui seront suivis par leurs adeptes.
Les Musulmans ne sortiront de cette dure réalité
qu’avec le savoir et les actes. En effet, le savoir sans
action ne change rien et l’action sans savoir ni
clairvoyance fait plus de mal que de bien.
Quand je dis le « savoir », je ne fais pas allusion à
celui qui consiste à connaître quelques règles de
jurisprudence ou quelques bons comportements et
bonnes manières, comme c’est l’intérêt de beaucoup
de personnes, qui accordent parfois à certains sujets
un poids supérieur à celui qui leur a été établi en
Islam. Ce que je vise par le savoir, c’est celui qui fait
naître dans le cœur une foi véritable et sincère, une
foi qui fait passer l’amour d’Allah (), de Son
Prophète () et de Sa religion avant toute autre
chose, une foi qui incite à œuvrer pour la religion
d’Allah () et pour sa perduration sur terre même si
on doit pour cela donner tout ce qu’on a. Et cela ne
se fera pas sans une véritable connaissance de la
vraie religion musulmane, accompagnée d’une totale
certitude quant à la réalité de ce qu’implique
l’unicité divine, qui est la base de l’édification de
– 37 –
cette religion. Ensuite il est impératif de connaitre les
dangers qui menacent la communauté musulmane,
ainsi que les ennemis qui sont en embuscade avec
leurs prédications destructrices et erronées, dont on
a fait la liste, et de tout ce qui en découle, comme le
fait de se désavouer des ennemis de la religion et de
s’allier aux croyants sincères.
Et s’il est du devoir des Musulmans de chercher le
savoir, de persévérer pour l’acquérir et de demander
aux gens du rappel de sorte à être clairvoyant et à
avoir une connaissance solide, il est également du
devoir des hommes de lettre et des éditeurs
d’œuvrer à augmenter la publication de livres
islamiques qui lient les Musulmans à l’Islam dans sa
version complète, et à donner à chaque article de la
loi islamique sa valeur et son importance dans la
balance de l’Islam de manière juste et mesurée, sans
grossir un aspect au détriment d’un autre. Dans ce
cadre, les écrivains et les éditeurs sont vivement
appelés à observer cela, surtout dans ces conditions
très dures et critiques que traverse notre
communauté. Il ne faut surtout pas qu’ils deviennent
tributaires de la demande du peuple, qui insiste pour
que l’on traite d’un aspect particulier de la religion,
en délaissant par cela d’autres aspects qui sont, dans
– 38 –
la balance de l’Islam, plus importants et parfois
fondamentaux.
Et toujours à ce propos, nous ne voulons pas
tomber dans le travers de certains, en appelant à
délaisser les aspects mineurs dans la balance
islamique au profit de l’aspect majeur. Nous
appelons plutôt à l’équilibre de sorte à ce que les
écrits sur les différents aspects soient en adéquation
avec leur rang et leur poids dans la balance
islamique. Il n’est donc pas acceptable que la librairie
islamique soit remplie de divers écrits sur les djinns,
la sorcellerie, la prestidigitation, l’ascétisme, les
invocations, les œuvres méritoires, les branches de
droit et ainsi de suite, alors que l’on constate qu’elles
sont quasiment vides de livres simples et accessibles
dans divers domaines, d’une importance capitale
comme par exemple les règles de droit politique en
Islam, en d’autres termes, les règles de l’autorité, ou
encore des livres sur les nouveaux courants de
pensée qui ont commencé à se répandre dans le
monde musulman (tel que la laïcité, la démocratie, le
nationalisme, le socialisme, les partis aux croyances
hérétiques comme le parti Bass, les partis
nationalistes etc.). Ou encore, les écrits qui parlent de
Jihâd. Et je ne parle pas du Jihâd dans le sens de son
obligation et de sa pérennité jusqu’au jour du
– 39 –
Jugement, non, je parle plutôt avec cela, de la lutte
contre les apostats qui ont adopté les idées
socialistes, laïques, nationalistes, démocratiques etc.
et appellent et obligent les gens à s’y conformer.
Et comme parler également de la manière d’agir
pour faire revenir le califat et d’autres sujets d’une
importance extrême dans la vie des Musulmans. Si
quelqu’un comparait la quantité de ce qui a été écrit
sur ces derniers sujets par rapport aux autres sujets
d’importance moindre, il serait effrayé de l’énorme
différence, que dire alors des différences que l’on
observe en termes de ventes d’ouvrages ?
Les écrivains et les éditeurs vont sans doute
rétorquer que les gens ressentent une certaine
retenue à lire sur ces sujets. Mais depuis quand
quelqu’un qui a un message à diffuser et répandre
doit-il obéir aux passions et aux envies d’autrui ?
Même si cette assertion est vraie, vous partagez
très largement la responsabilité de cela car vous leur
avez obéi sur ce point et vous ne leur avez pas
ouvert les yeux sur l’importance de l’équilibre des
thèmes religieux, et de ne pas amplifier un aspect au
détriment d’un autre car ceci aura pour ultime
conséquence de cantonner l’Islam à une adoration,
un caractère ou une coutume.
– 40 –
Du reste, l’Islam est effectivement cantonné chez
beaucoup à l’accomplissement de la prière et au
jeune du mois de Ramadan. Pour d’autres, l’Islam
consiste à un ensemble d’invocations ou au bon
comportement. D’autres l’ont réduit à une
apparence, un style ou un habit, d’autres encore à
connaître quelques branches du droit musulman ou
quelques sujets relatifs à la terminologie du hadith et
ainsi de suite. Si tu t’adresses à beaucoup d’entre eux
sur le caractère englobant de l’Islam et que tu leur
parles de certains sujets importants et urgents qui
émergent de l’Unicité d’Allah () et de la foi au Jour
dernier, comme le fait de parler du jugement par la
loi d’Allah (), du fait de se conformer à Sa
législation, du devoir d’œuvrer à fonder un état
islamique, de restaurer le califat et de montrer la
fausseté des doctrines hérétiques notamment la
laïcité et la démocratie, ils s’imaginent que tu parles
d’une autre religion que l’Islam et disent : « ça c’est
s’occuper de politique et on n’a pas le droit de faire
entrer la religion dans la politique ». Ces mêmes
gens, si ce discours leur était assuré dans les sermons
du vendredi, dans les cours et les cercles de science
des mosquées ainsi que dans des écrits simples qu’ils
peuvent lire et comprendre, ne prononceraient pas
ce type de paroles égarées et déviantes.
– 41 –
Et quant à nous, auteurs et éditeurs, notre devoir
est de ne pas participer à la falsification de la religion
et à son morcellement, en l’exposant amoindrie,
restreinte à un aspect répondant à la demande des
lecteurs et à la loi de l’offre et de la demande, sinon
cela ne serait que concrétiser un grand objectif des
laïcs de limiter le cadre de la religion et de la séparer
de la vie publique. Les écrivains et les éditeurs diront
sans doute : « nous n’écrivons pas sur ces sujets car
ce sont de grands sujets et se tromper dessus n’est
pas anodin. De plus, ces sujets nécessitent un grand
savoir que nous n’avons pas ».
Je suis d’accord avec le fait que beaucoup de ceux
qui écrivent ces jours-ci ne sont pas habilités à le
faire, en raison de leur incompréhension – totale ou
limitée – de ces sujets. Néanmoins, même si cela est
vrai pour beaucoup, il existe des grands savants, des
nobles « shuyûkh ». Si cela n’est pas leur rôle et leur
mission, quel sera donc leur rôle pour changer cette
douloureuse réalité ?
Et dans le cadre de cet exposé sur la science et sa
propagation, le corps enseignant, les instituteurs et
professeurs, des niveaux élémentaires aux plus
élevés, ont un devoir impératif qui s’incarne dans les
points suivants :
– 42 –
1- Œuvrer à corriger les programmes, de sorte que
tous les programmes scientifiques soient au service
de l’Islam et de sorte à ce que le but de
l’enseignement de cette science ne soit pas
uniquement d’apprendre. Et étant donné que notre
religion vient d’Allah () et que par conséquent, le
faux ne peut jamais l’atteindre, que les découvertes
scientifiques font partie de la Création d’Allah (), et
qu’il n’y a donc aucune contradiction entre la science
et la religion, il serait bienvenu d’utiliser beaucoup
de réalités scientifiques pour illustrer le domaine de
la foi, tout comme beaucoup de lois scientifiques
peuvent être utilisées pour répondre ou infirmer des
théories athées du point de vue de la science
appliquée, théories auxquelles les athées croient et
sont fermement attachés. Et là-dessus, les
programmes scolaires dispensés aux élèves et aux
étudiants doivent impérativement tenir compte de
cela, et il est plus que nécessaire de fournir des
explications de la manière la plus claire qui soit, les
indications et les sous-entendus ne suffisant pas.
Ceci est une obligation certaine pour les gens qui
mettent en place ces programmes et ont la charge de
l’enseignement ;
2- Nettoyer les matières scolaires des hérésies et
des égarements qui y ont été introduits. Il arrive en
– 43 –
effet que ce soit des gens étrangers à la religion qui
mettent en place ces matières. Il est donc du devoir
de l’enseignant musulman de ne pas enseigner la
matière scolaire telle quelle, il n’en a pas le droit. Il
faut qu’il dévoile ces égarements aux étudiants, les
mette en garde et expose la vérité à ce sujet. Il ne doit
donc pas se contenter de son rôle d’enseignant mais
doit aussi faire le lien entre ces sciences et l’Islam, et
les purifier des impuretés qui s’y trouvent.
3- Etre dans le même temps qu’un enseignant et
instructeur, un prêcheur, un sermonnaire et un
guide. L’enseignant doit saisir l’occasion chaque fois
qu’elle se présente, d’éclaircir un concept islamique,
de raffermir une croyance, d’expliquer un sujet ayant
trait à l’Islam ou d’enseigner un comportement de
l’Islam et ainsi de suite. La concrétisation de ces
choses implique forcément que les enseignants
rehaussent leur niveau scientifique et religieux dans
beaucoup de domaines, de sorte qu’ils soient à la
hauteur de cette noble tâche par laquelle Allah ()
les a honorés.

– 44

– 45 –
Conclusion
Pour conclure cet écrit, nous abordons enfin, après
le savoir, l’action. Je ne parle pas de l’action qui
bénéficie seulement à son auteur, même si ceci est
certes demandé.
Mais je vise par là l’action qui, en plus de
bénéficier à son auteur, bénéficie à la communauté
musulmane.
Il est de notre devoir de croire en la Vérité et de
l’appliquer en nous-mêmes et le faire appliquer chez
ceux qui sont sous notre responsabilité. Ensuite il ne
s’agit pas de se contenter de cela mais il faut
également inviter les autres et leur ouvrir les yeux
sur la réalité de cette religion, sur la ruée des
ennemis intérieurs et extérieurs contre nous, et sur
l’ampleur du malheur que vit le monde musulman.
Et les peines, les difficultés, le rejet des gens, la
pression, et la guerre des dirigeants – directement
laïciste ou à leur solde – que nous rencontrons, ne
doivent pas nous empêcher de remplir ce rôle. Il est
donc impératif d’œuvrer pour et par cette religion,
de même qu’il est impératif de rassembler les gens
– 46 –
autour des croyances, des paroles et des actes
qu’Allah () et Son Messager () aiment, en étant
prêt à en subir les conséquences pour Allah (). Il
faut également faire le Jihâd dans le sentier d’Allah
et déclarer la guerre à tous ceux qui combattent
Allah () et Son Messager () jusqu’à ce qu’il n’y ait
plus de polythéisme et que la religion toute entière
soit à Allah.
Bien que ne pense pas avoir traité des devoirs du
Musulman comme il se doit, j’espère que ce soit un
rappel pour nous, peut-être qu’Allah nous le rendra
utile…Amin !

– 47 –
Ce livre informe du danger – souvent caché – de la
laïcité, dans un style simple et abordable. Un livre
que le débutant peut comprendre et dans lequel le
vétéran peut trouver une utilité. C’est un livre qui te
présente ton ennemi dressé. Je propose que ce livre
soit diffusé par milliers, dans les universités, les
lycées et les fondations afin que chacun sache de
quoi il en retourne : « C’est ainsi que Nous
détaillons les versets, afin qu’apparaisse clairement
le chemin des criminels1. »

Histoire de l’Afrique du Nord

Yetnahaw Gaâ

Histoire de l’Afrique duNord

L’Afrique du Nord est formée de cinq pays, l’Égypte, la Libye, la Tunisie, l’Algérie et le Maroc. Dans l’appellation courante, cette immense région est divisée en Machrek (Égypte et Libye) et en Maghreb (Tunisie, Algérie, Maroc), deux mots arabes signifiant « Levant » pour le premier, « Couchant » pour le second.
Si nous voulions être plus précis, nous devrions prendre en compte le fait que la Libye fait à la fois partie de chacun de ces deux ensembles. La Cyrénaïque qui a jadis été imprégnée d’une puissante marque hellénistique est en effet culturellement rattachée au Machrek, alors que la Tripolitaine qui a subi l’influence carthaginoise fait partie du Maghreb. Durant l’antiquité, la limite entre les deux régions était matérialisée par l’« autel des Philènes » édifié au fond du golfe de la Grande Syrte1 (voir plus loin page 62), golfe séparant la Cyrénaïque de la…

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La premiére colonie de vacances en france…juste aprés les premiers jours de l’independance….

Yetnahaw Gaâ

Ma premiére colonie de vacances en France……En 1962 a été organisé par le F.L.N…à Néronde dans la loire….Il y avait que des Algeriens(e)…on nous a appris l’hymne national..et d’autres chants patriotique..et pleins d’autres choses…1 mois de bonheur…dépaysement ….Quel merveilleux souvenir… Toute la colonie etait «une ruche» heureuse et frémissante. Une des tâches prioritaires des animateurs du camp de vacances se trouver d’emblée définie : elle consisté à nous donner ce qui nous a permis de saisir notre nouvelle citoyenneté..toute fraiche… et ce grâce aux activités d’éveil, de prises de conscience..gage d’une adaptation..a cette nouvelle identité…. qui nous a conduit à l’essentiel, en passant par l’observation, la découverte et la réflexion, un épanouissement progressif et équilibré de son sens critique, et plus généralement sur notre personnalité. à acquérir et développer notre Algerianité…A s’habituer à la discipline librement consentie et à la coopération au sein du groupe. Les activités réaliser à…

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